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dans l’univers de Laurent HELYE.
Présentation de la pratique vidéographique :
Le poème plastique chronographique est une forme vidéographique qui se situe dans le champ du found footage. Il consiste en une récupération de bobines familiales amateurs à des fins artistiques passant par des permutations sonores et visuelles ; le but étant de générer une méthode de préservation en lien avec le domaine artistique.


« La Caverne Aliénante », Installation Vidéo, Salon des Arts Contemporain de Coutances, 2ème éd. 01/07/23-28/08/23 ©lhelye
L’installation : La caverne aliénante, 2023.
Comme un pied de nez au concept du white Cube, cette installation en est une sorte de contre-forme obscure favorisant bien sûr, un espace d’exposition pour une projection vidéographique, mais également un trajet, une ligne de conduite pour que le regardeur intègre ce même espace. Le spectateur est invité à entrer dans l’intimité du lieu, où sont projetés à la fois, des films de famille altérés et une bande sonore à l’allure hypnotique. La projection de ces silhouettes du passé n’est pas sans rappeler d’une certaine manière l’allégorie de la caverne de Platon, qui met en scène des hommes cloués pour un temps dans un endroit ténébreux et où le son, par sa monotonie, corrompt la notion temporelle. On se retrouve potentiellement devant un spectacle d’ombre et de formes plus ou moins indicibles, on croit voir la vérité, alors que l’on n’en voit qu’une apparence. Les motifs des « drapées » de masques « anti-covid » tapissés à l’extérieur de l’œuvre témoignent aussi, ironiquement, de ce qu’un phénomène de vérité ou d’affabulation provoque chez l’individu lorsque celui-ci est conditionné par une mise en place d’une structure préméditée.
La discrépance génératrice d’interprétation.
La discrépance est un concept développé par Isidore Isou, il s’applique aux montages son et image effectués indépendamment l’un de l’autre. Elle a pour but de créer une cassure radicale de l’image avec le son, ce dernier se retrouve à être travaillé de façon libre et affranchi sans rapport à l’image. La liberté du son permet d’accéder à une faculté créatrice en dehors de l’image et ainsi le sortir de sa soumission esthétique à l’image. L’audio pour cette exposition dure 55 minutes, la vidéo quant à elle dure 66 minutes, les deux tournent en boucle et se font face indépendamment pendant toute la durée de l’exposition, par conséquent l’œuvre dans sa relation « audio-visuel » ne sera jamais la même et toute concomitance ou relation sonore lié à l’image sera le fruit d’une heureuse coïncidence. Ceci est un clin d’œil au concept d’Héraclite comme quoi, tout est en constante évolution et que rien n’est figé.
Cette œuvre est citée dans un article dont je remercie l’auteur, Michel Jeandin:
Le film de famille : vers une pratique marginale du cinéma.
On ne peut pas prétendre qu’à proprement parler la pratique d’un cinéma à visée mémorielle et familiale soit une pratique marginale. Cependant, l’accès d’une personne lambda à divers outils du domaine cinématographique a permis un élargissement des pratiques cinématographiques en dehors des canons industriels. Il y a fort à penser que sans l’avancée technologique, motivée elle-même par un marché du cinéma amateur lucratif et florissant, de nombreuses personnes n’auraient pu expérimenter et effectuer des tentatives audiovisuelles. Il est certain que le marché du film amateur, à l’origine de ses nombreuses caméras et bobines bon marchés a élargi le monde du cinéma en le démocratisant. On peut relever une différence majeure entre l’industrie du cinéma et le cinéma amateur ; c’est qu’un cinéaste amateur fait de son cinéma la création d’une seule personne. A la manière d’un peintre avec son pinceau ou d’un poète avec sa plume, le cinéaste amateur ouvre la voie d’un tout autre cinéma. Grâce aux avancées technologiques, on peut filmer différemment et seul. L’amateur développe à son insu une pratique en marge du cinéma, de la conception du film à sa projection. Ce qui favorise l’apparition de nouvelles tentatives de cinéastes expérimentaux se relevant parfois du post-surréalisme comme Maya Deren* , Kenneth Anger, Gregory-J Markopoulos ou bien encore Marie Menken. Il est possible que le format réduit de pellicule ait permis l’émergence du cinéma structurel. Dans les années 50, une émulation s’opère avec Jonas Mekas tout juste arrivé aux États-Unis en 1949. Mekas, auteur du journal filmé, n’hésite pas à défier les canons du cinéma hollywoodien. La liberté de l’amateur, à ses yeux est une ressource bien plus précieuse car ce qu’il induit dans son cinéma se situe en dehors des sociétés de production, dans le mouvement de la vie lui-même, au sein de tout ce qui l’entoure.
* Maya Deren qui défendra dans son texte « Amateur versus Professional », le terme amateur, en reprenant l’étymologie de celui-ci : l’amateur est celui qui aime et qui fait quelque chose moins pour des nécessités pécuniaires que par amour et par passion.
Interview
Expositions précédentes




Diverses tentatives eurent lieu quant à l’agencement de mes projets vidéographiques en confrontation avec un public. Cela a pu s’effectuer par projection comme par diffusion dans des espaces consacrés à l’art. Ces expositions m’ont permis d’expérimenter, de penser des mises en place afin d’appréhender au mieux cette confrontation avec un public. L’une de mes premières tentatives fut d’abord de projeter une vidéo proche du sol, ce qui oblige le spectateur à s’accroupir pour mieux visualiser la scène qui se déroule. Cette posture favorise la promiscuité, une intimité avec le film, tandis que tous les autres regards se dirigent au gré des œuvres à hauteur humaine.
La motivation première du développement de cette démarche vidéographique est intimement liée à une phrase de Daniel Armogathe qui, pour moi, est devenue un véritable précepte :
« L’archive est un blanc, plus ou moins innocent, destiné à être un jour comblé par une conscience »
Article de Daniel Armogathe, « Pour une didactique de l’archive filmique » :
https://0-journals-openedition-org.catalogue.libraries.london.ac.uk/1895/663





